Gwenael se réveilla en sursaut, il était en sueur. Il avait encore fait un de ces mauvais rêves. Cela se produisait depuis quelques temps, plus exactement un mois, mais depuis une semaine, il faisait toujours le même mais cette fois était différente, il le sentait : il était seul dans une pièce sombre qui comportait des éléments d'alchimie, tube à essaie, ballon, fioles contenant des liquides de couleurs terre de seine brûlée* à orange de cadmium* en passant par transparent et lague cramoisi*..., devant lui, une seule possibilité s'imposait : une porte qui s'aperçoit très légèrement. Il entre. Mais soudain, le décor change et il chute dans un grand vide blanc avant de se retrouver dans une forêt. Il avait atterri dans un buisson. Il s'en extrait rapidement, se griffant au passage les bras par les branches de l'arbuste. Il détailla longuement l'endroit où il était arrivé quelques minutes plus tôt, des arbres, encore des arbres, toujours des arbres. C'était bien simple, des arbres à perte de vue. De toutes les sortes, de toutes les tailles et de tous les ages. Il se fraya un chemin parmi la forêt, mais trébucha sur une grosse pierre. Réflexion faite, ce n'était pas une grosse pierre. Cela ressemblait plutôt à un panier. Gwenael s'accroupi et examina l'objet : c'était un panier quoi de plus normal, gris et marron, il appartenait sûrement à une famille pauvre de la région qui avait du l'égarer. Il était partagé entre l'envie de laisser le panier sur place, de le ramener au village le plus proche ou d'examiner son contenu. En le laissant sur place, le propriétaire viendrait probablement le récupérer, d'un autre côté, peut-être ne viendrai-il pas le chercher dans la forêt. Que faire ? L'examiner serai peut-être un moyen d'en découvrir plus sur le possesseur et de choisir donc une des deux autres solutions après, et par la même occasion d'assouvir sa curiosité. Gwenael réfléchit un instant, c'était un jeune homme intelligent, sur de lui, sans pour autant être prétentieux. Il ne lui fallut qu'un court temps pour faire le tour de la question : le plus raisonnable était de ramener le panier au village le plus proche mais sa curiosité l'emporta, c'était l'un de ses défauts, il le savait et on lui avait souvent reproché. On lui disait souvent aussi qu'il ressemblait beaucoup à son père : le même regard à la fois rassurant et intriguant qui indiquait qu'il avait une idée derrière la tête, le même petit sourire en coin, le même caractère n'hésitant jamais à courir des risques pour ceux qu'il aime. Oui, Gwenael était bien le digne fils de son père. Se tirant de ses pensées, il se rapprocha du panier et commença à en déballer le contenu : de simples branches de bois entassées, sûrement pour allumer le feu de cheminée. Mais sous les branches, un petit paquet était enveloppé de tissu découpé à la dernière minute. Que pouvait donc contenir ce paquet ? Sans plus attendre, Gwenael retira le tissu et découvrit un carnet, vierge. La seule chose qu'il contenait était une enveloppe. Elle n'était adressée à personne, il pensa donc qu'il avait le droit d'en savoir le contenu, en temps normal il n'aurait jamais ouvert cette lettre, mais était-on en temps normal ? (T'en qu'à être curieux, mieux vaut l'être jusqu'au bout, se dit-il). Il l'ouvrit. Elle contenait une lettre. Mais quand il l'ouvrit, il découvrit avec stupeur ce qui était marqué dessus : Aide-moi Gwen. Gwen ? Personne ne l'avait jamais appelé comme ça à part sa mère, son père avant sa mort et Aziliz. Aziliz, son souvenir lui faisait mal au c½ur. D'ailleurs, quel souvenir avait-il conservé d'elle ? Une fillette intelligente et pleine de vie, avec des cheveux brun foncé et des yeux bleus, qui était ça meilleure amie quand il était petit et qu'il vivait encore à Hisep. Voilà le seul souvenir qu'il avait conservé d'elle. Bien sur, il avait gardé en mémoire les nombreuses bêtises qu'ils avaient faites ensemble et le duo de choc qu'ils formaient pour le ballon-passe, mais depuis le déménagement il ne l'avait pas revu et pensait que maintenant elle ne se souvenait plus de lui. Après tout, c'était de sa faute. C'est lui qui avait insisté pour déménager après la mort de son père. Il y avait trop de souvenirs de lui là bas à Hisep, c'est pourquoi il avait tenu à déménager. Il regrettait à présent et se sentait coupable vis-à-vis de Aziliz. S'il était resté, l'épreuve aurait était dure, mais il avait terriblement souffert de son absence. Rien ne pouvait être pire. Pendant toutes ces années, il avait tenté de l'oublier, sans succès. Depuis quelques temps, il n'y pensait plus, en fait, il n'avait plus le temps d'y penser. Il avait eu son DAC (Diplôme d'Archer et de Combattant) et s'était beaucoup entraîné pour l'avoir. Il l'avait obtenu avec largement plus de points qu'il n'en fallait, à vrai dire, il avait eu la meilleure note. Sa mère lui avait toujours dit qu'il était fort pour le métier des armes, maintenant, il l'a croyait.
Toutes les * indiques des couleurs